samedi 4 juin 2011

Chroniques d'un juin entre fromage et dessert

Vide: ce qui demeure lorsque l'on retire les fleurs du vase, l'eau des fleurs et le vase. Comme le faisait remarquer l'ingambe Archibald Trotzdème, lors de son allocution au Green Valley, à Camboriu:

- Le vide est triste, le vide est simple, le vide n'apporte rien. Je vous le demande, mademoiselle, fait-on des coktails au vide? Non. Quod erat demonstrandum: passez-moi le rhum. Et les glaçons.

Le vide fascine parce son aspect séduisant, certaines personnes l'habillent de divers oripeaux, le coiffent de plaisants chapeaux, le nomment, le caressent.
On est prié de lui préférer n'importe quoi.
Même un accordéon.

Chroniques d'un juin en mitan saumâtre

miroir: le moins charitable des ennemis. Certains lui vouent un culte, d'autres ne cessent jamais de chercher une masse.
Chacun profite du passage du bus/ vitrine/ pour se jeter un coup d'oeil aussi bref qu'inutile.

samedi 23 avril 2011

Chroniques d'un avril qui a libéré le Kraken

Sermon: Monologue que l'on tient dans n'importe quel temple de certitudes.

Exotique:  état de ce qui par une emplacement géographique incongru, excite l'intérêt, aiguise la curiosité, aveugle les préjugés. Il est souvent excusé à l'exotique d'être légèrement simplet. Ce qui est inexcusable c'est qu'il se révèle être moins exotique qu'il n'est au premier abord.
Avant de basculer dans les subtiles nuances de la pitié, du besoin de protection et de l'affection qui en est le produit fini et désiré, une remarque, tirée des fabuleux travaux du docteur Gérard Tangible (Allez Christine, on lève les genoux! : rites d'accouplement et roues maritales dans les camps de vacances. 1997 Editions universitaires de Blois, Blois)  Lecteur, dans ton intérêt et celui de ta descendance, ne t'exerce jamais à perdre ton accent du terroir lorsque tu es loin de tes terres natales: il s'agit là d'un effort inutile, qui entraîne l'admiration, qui ne dure qu'un quinzaines de secondes mais pas la curiosité, qui, comme chacun le sait, peut durer une vie entière. Reconnu pour ses mérites intellectuels ou pris en affection comme un hamster boiteux et cacochyme?
Le choix, une fois encore, est difficile et se résoud par une lutte à mort entre dignité et désirs.
N'oublie pas ô lecteur! Ce dernier monte sur le ring avec des fers à cheval dans ses gants.

mercredi 1 décembre 2010

Chroniques d'un décembre en révérence

Merci: Mot qui couvre un large panel d'émotions, de la reconnaissance sincère à l'insulte voilée. L'éminent docteur Hughes Puisque, du prestigieux Institut Melun II ( dont la recherche incessante d'un loyer convenable a établi les locaux sur la côte péruvienne) assimile merci à ces mots, forts heureusement rares, qui appartiennent au langage automatique. Selon l'inépuisable théoricien, le langage automatique est:

- Le langage qui traverse le cerveau en grillant tous les feux rouges.

Malgré la limpidité de telle explication, permets-moi, lecteur assidu, d'exemplifier:

- Vous avez des hémorroïdes.
- Merci, docteur.


Il est certains mercis qui tiennent d'avantage du cyanure que de la gratitude. Ainsi:

- Voulez-vous dîner avec moi dans un restaurant exotique?
- Merci, mais non merci.


Ceci étant dit, qu'il soit permis au léxicographe diligent de quitter, une fois n'est pas coutume, son irréprochable objectivité.
Lecteur, toi dont j'ignore jusqu'au prénom exact, toi, qui possèdes davantage d'oestrogènes que de poils au menton ( et que le rédacteur s'entête à nommer lecteur) toi qui fais preuve de patience, de compréhension, d'envol, de silences bienvenus et de commentaires désobligeants, toi qui face à une absconse orthographe te fais violence, toi qui est ici, là-bas, un nom anonyme ou répété quelques centaines de fois, toi qui a assisté aux innombrables défaites d'Higgins, à l'agonie et la gloire posthume de Pierre Melun, aux myriades de derniers mots impromptus, aux irréfutables recherches entreprises par l'infatigable Archibald Trotzdème, toi qui a supporté à mes côtés la vie de bureau, la vie tout court et même le mois de novembre, qu'il me soit permis, en tant que porte-parole des Instituts Melun I (Bumplitz) , Melun II ( Pacasmayo) de te saluer pour ton assiduité envers les chroniques, qui prennent, pour l'instant ( recherches sur le terrain avec phoques, épuisettes et autres basanes obligent) un petit congé sabbatique.
Ainsi, sans autre forme de procès, ô lecteur, merci.

mercredi 17 novembre 2010

Chroniques d'un novembre de mangoustines et tamaris‏

Costume: Déguisement que l'on adopte dans certaines occasions. Il devient alors synonyme d'uniforme. Il en est ainsi de la blouse blanche mais aussi du tailleur, ou du complet cravate pour les hommes. Il est certain que seuls les génies seront pris au sérieux s'ils ne se conforment pas à cette uniformité. Malheureusement, il est difficile de prendre au sérieux quelqu'un qui se promène avec un t-shirt douteux, proclamant que la bière est le fondement de toute civilisation, qui revendique son allérgie à la stupidité ou sa certitude d'être une star du cinéma de charme.
La cohérence est par trop souvent prise au sérieux.
Seul quelqu'un à la confiance d'airain se permettrait un costume de cow-boy texan à une assemblée du Reform Club.
La finesse, l'esprit, l'empathie et l'intelligence sont toutes d'excellentes choses, ô lecteur, hélas bien trop souvent devancées par l'apparence, qui elle, marque un trois points au panier sans d'autres efforts qu'un portemonnaie bien fourni. Lecteur sagace, si tu m'en crois, le choix t'appartient: se plier au règles de goût souvent discutables d'un milieu ou s'efforcer d'en démontrer les absurdités, chacun est libre de combattre les moulins ou de plier sous le vent.
Si l'habit ne fait pas le moine, bien trop souvent il y contribue.

jeudi 11 novembre 2010

Chroniques d'un novembre à la classe américaine‏

Ornithorynque: Si Dieu existe, il est certain qu'il est doué d'un sens de l'humour des plus particuliers. Les ornithorynques, eux, en sont curieusement dépourvus.


Cornemuse: Tous les goûts sont dans la nature. La cornemuse est comme le café. Il faut en consommer une grande quantité pour pouvoir l'apprécier. Et dépasser l'impression déplaisante d'avoir une sonette de porte collée dans la paroi de l'oreille interne. Comme beaucoup d'instruments à vent, elle avait comme première vocation d'avertir des congénères que oui, il y avait des ennemis qui étaient entrain de s'approcher à portée de cailloux et qu'il était temps de se remonter le kilt. Faisant fi de toute prudence, le joueur de cornemuse risquait d'attirer l'attention.
Paradoxalement, elle a toujours gardé cette fonction d'avertissement.
Et les joueurs de cornemuses continuent toujours à risquer leur vie, confrontés à certains mélomanes.

Rose: couleur qu'affectionnent les petites filles enthousiastes, les adolescentes romantiques et les vieilles dames désenchantées.

mardi 9 novembre 2010

Chroniques d'un novembre qui sent la neige‏

Méfier: Verbe qui appartient à la grande famille des assistés, qui ne peuvent faire leur chemin dans le monde sans l'appui inconditionnel d'un garde-malade dévoué, à savoir se. Ils auront beau faire les importants, ô lecteur sagace, ils ne trompent personne: chacun est conscient de leurs mains tremblotantes et l'odeur subtile de leurs couches usagées. Se méfier, donc, appartient aux verbes en phase terminale, ceux qui ont toujours besoin d'aide pour attacher leurs lacets.
L'action de se méfier, elle, est ce que l'on appelle un réflexe de survie. Nombreux sont ceux qui le voient comme un défaut, ou une résurgence génétique du petit rongeur tremblotant que nous comptons tous parmi nos ancêtres, mais malgré tout, ceux qui ignorent les petites sonettes d'alarme ont, dit-on, une plus grande aptitude au bonheur.
Avant que la fusée s'écrase au sol.