mercredi 1 décembre 2010

Chroniques d'un décembre en révérence

Merci: Mot qui couvre un large panel d'émotions, de la reconnaissance sincère à l'insulte voilée. L'éminent docteur Hughes Puisque, du prestigieux Institut Melun II ( dont la recherche incessante d'un loyer convenable a établi les locaux sur la côte péruvienne) assimile merci à ces mots, forts heureusement rares, qui appartiennent au langage automatique. Selon l'inépuisable théoricien, le langage automatique est:

- Le langage qui traverse le cerveau en grillant tous les feux rouges.

Malgré la limpidité de telle explication, permets-moi, lecteur assidu, d'exemplifier:

- Vous avez des hémorroïdes.
- Merci, docteur.


Il est certains mercis qui tiennent d'avantage du cyanure que de la gratitude. Ainsi:

- Voulez-vous dîner avec moi dans un restaurant exotique?
- Merci, mais non merci.


Ceci étant dit, qu'il soit permis au léxicographe diligent de quitter, une fois n'est pas coutume, son irréprochable objectivité.
Lecteur, toi dont j'ignore jusqu'au prénom exact, toi, qui possèdes davantage d'oestrogènes que de poils au menton ( et que le rédacteur s'entête à nommer lecteur) toi qui fais preuve de patience, de compréhension, d'envol, de silences bienvenus et de commentaires désobligeants, toi qui face à une absconse orthographe te fais violence, toi qui est ici, là-bas, un nom anonyme ou répété quelques centaines de fois, toi qui a assisté aux innombrables défaites d'Higgins, à l'agonie et la gloire posthume de Pierre Melun, aux myriades de derniers mots impromptus, aux irréfutables recherches entreprises par l'infatigable Archibald Trotzdème, toi qui a supporté à mes côtés la vie de bureau, la vie tout court et même le mois de novembre, qu'il me soit permis, en tant que porte-parole des Instituts Melun I (Bumplitz) , Melun II ( Pacasmayo) de te saluer pour ton assiduité envers les chroniques, qui prennent, pour l'instant ( recherches sur le terrain avec phoques, épuisettes et autres basanes obligent) un petit congé sabbatique.
Ainsi, sans autre forme de procès, ô lecteur, merci.

mercredi 17 novembre 2010

Chroniques d'un novembre de mangoustines et tamaris‏

Costume: Déguisement que l'on adopte dans certaines occasions. Il devient alors synonyme d'uniforme. Il en est ainsi de la blouse blanche mais aussi du tailleur, ou du complet cravate pour les hommes. Il est certain que seuls les génies seront pris au sérieux s'ils ne se conforment pas à cette uniformité. Malheureusement, il est difficile de prendre au sérieux quelqu'un qui se promène avec un t-shirt douteux, proclamant que la bière est le fondement de toute civilisation, qui revendique son allérgie à la stupidité ou sa certitude d'être une star du cinéma de charme.
La cohérence est par trop souvent prise au sérieux.
Seul quelqu'un à la confiance d'airain se permettrait un costume de cow-boy texan à une assemblée du Reform Club.
La finesse, l'esprit, l'empathie et l'intelligence sont toutes d'excellentes choses, ô lecteur, hélas bien trop souvent devancées par l'apparence, qui elle, marque un trois points au panier sans d'autres efforts qu'un portemonnaie bien fourni. Lecteur sagace, si tu m'en crois, le choix t'appartient: se plier au règles de goût souvent discutables d'un milieu ou s'efforcer d'en démontrer les absurdités, chacun est libre de combattre les moulins ou de plier sous le vent.
Si l'habit ne fait pas le moine, bien trop souvent il y contribue.

jeudi 11 novembre 2010

Chroniques d'un novembre à la classe américaine‏

Ornithorynque: Si Dieu existe, il est certain qu'il est doué d'un sens de l'humour des plus particuliers. Les ornithorynques, eux, en sont curieusement dépourvus.


Cornemuse: Tous les goûts sont dans la nature. La cornemuse est comme le café. Il faut en consommer une grande quantité pour pouvoir l'apprécier. Et dépasser l'impression déplaisante d'avoir une sonette de porte collée dans la paroi de l'oreille interne. Comme beaucoup d'instruments à vent, elle avait comme première vocation d'avertir des congénères que oui, il y avait des ennemis qui étaient entrain de s'approcher à portée de cailloux et qu'il était temps de se remonter le kilt. Faisant fi de toute prudence, le joueur de cornemuse risquait d'attirer l'attention.
Paradoxalement, elle a toujours gardé cette fonction d'avertissement.
Et les joueurs de cornemuses continuent toujours à risquer leur vie, confrontés à certains mélomanes.

Rose: couleur qu'affectionnent les petites filles enthousiastes, les adolescentes romantiques et les vieilles dames désenchantées.

mardi 9 novembre 2010

Chroniques d'un novembre qui sent la neige‏

Méfier: Verbe qui appartient à la grande famille des assistés, qui ne peuvent faire leur chemin dans le monde sans l'appui inconditionnel d'un garde-malade dévoué, à savoir se. Ils auront beau faire les importants, ô lecteur sagace, ils ne trompent personne: chacun est conscient de leurs mains tremblotantes et l'odeur subtile de leurs couches usagées. Se méfier, donc, appartient aux verbes en phase terminale, ceux qui ont toujours besoin d'aide pour attacher leurs lacets.
L'action de se méfier, elle, est ce que l'on appelle un réflexe de survie. Nombreux sont ceux qui le voient comme un défaut, ou une résurgence génétique du petit rongeur tremblotant que nous comptons tous parmi nos ancêtres, mais malgré tout, ceux qui ignorent les petites sonettes d'alarme ont, dit-on, une plus grande aptitude au bonheur.
Avant que la fusée s'écrase au sol.

lundi 1 novembre 2010

Chroniques d'un novembre de banshees, sabbats et autres citrouilles‏

Oups: Pas plus qu'il n'est de sots métiers, ô lecteur, il n'est de sottes paroles. Toutefois, oups s'emploie souvent pour verbaliser un échec retentissant, ou une maladresse impardonnable:

Ex: - Oups.

Pierre Charles Silvestre de Villeneuve, Trafalgar, 21 octobre 1805.

Pierre Burette, le dymanique directeur du département Recherche! Ha! Ha! Ha! de l'institut Melun II, dont l'emplacement exact est ignoré pour l'instant, ( tout courrier doit être envoyé à l'adresse suivante : Cuid mhór Pub, Malahide Road 32, Dublin North, emprunter le Bus 27 en direction de la ville bucolique de Swords) a établi, suite à des recherches assidues sur le terrain, que oups arrivait en troisième position sur la liste des derniers mots prononcés, juste derrière le célèbre ça fait quoi si on appuie là et l'indéboulonnable argh.
Face à la conspiration diffuse du hasard et la destinée,oups, finalement, c'est s'encombrer d'une responsabilité qui bien souvent est loin d'être méritée.
Toutefois, ô lecteur exempt de tout soupçon, n'oublie pas: la fortune est mesquine. Elle essayera toujours de te faire porter le chapeau.

vendredi 29 octobre 2010

Chroniques d'un octobre vieilli en fût

Plaisanterie: conspiration réalisée afin de pouvoir rire aux dépens d'un tiers. Il est des plaisanteries bon enfant, comme l'indémodable seau de farine sur le coin de la porte, ou d'autres plus létales comme le fameux coup du visage artistiquement peinturluré de cirage noir. Il peut être amusant de voir que dans le mot plaisanterie se dissimule l'adjectif plaisant, même si parfois il semble vraiment très bien caché.
Plaisanterie sert parfois aussi à s'exclamer lors de certaines situations n'ayant qu'un lointain rapport avec celle-ci:

Ex: - Et ça va me coûter encore combien cette plaisanterie?

Charles le téméraire, Grandson, 2 mars 1476

Le département de recherche appliquée en plaisanteries, palindromes, contrepétries et autres charades ( DRPPCC) de l'institut Melun II ( basé désormais dans la charmante bourgade de Tokaimura) a mené une investigation fouillée sur ce qui pouvait faire rire. Le protocle est resté assez abscons mais ses éléments sont les suivants: Un ours dansant et son accompagnateur polonais, quatre tonnes de tartes à la crème, trente comptables andalous placés par interim et déguisés en dodos ( violets), un distributeur de balle de tennis, 5 serpentins, un bassin olympique rempli de matériel électroménager, dix-sept ballons gonflés à l'hélium et quinze dockers suédois pourvus d'avant-bras conséquents.
Les conclusions, livrées par le professeur Burette, sont restées confidentielles. Toutefois, lors de son interview à l'asile de Baden-Baden, il aurait prononcé les paroles suivantes: Il est bon de rire parfois. Déclenchant les fols remous que l'on sait au sein de la communauté scientifique.
Un conseil, ami lecteur, lea meilleures plaisanteries sont celles qui sont courtes et au détriment des autres.

mardi 26 octobre 2010

Chroniques d'un octobre à décorner les boeufs‏

Surprise: évènement inattendu. Selon l'institut Melun I ( Bumplitz), il y a plus de genres de surprises que de parfums de glace dans une gelatteria napolitaine. Certaines collent même un peu aux doigts. Toutefois, on peut aisément les catégoriser en trois genres distincts:

1. Les bonnes: le ciel a conspiré en faveur d'une amélioration notable d'un des aspects de la réalité d'un individu. Il se peut que ce soit votre sympathique voisin, votre concierge rébutant, votre orthodentiste pontifiant ou vous-même, ô appréciable lecteur.

Ex: - Mais c'est la purée de châtaignes!

Sébastien Bédu, gourmand et apoplexique, derniers mots.


2. Les mauvaises surprises. Statistiquement, on en croise plus souvent que ce que l'on est en droit d'en espérer d'un jeu dont les cartes ne son pas biseautées, ni les dés pipés. Oui, parfois le hasard est malveillant et oui, lui aussi a ses mauvais jours.

Ex: - Je suis sûr d'avoir laissé mon épée quelque part...C'est fou, non?

Roi arthur, Bataille de Camlann


Il existe bien évidement un dernier type de surprises, qui est simplement indéterminé et dont seules les circonstances décideront s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise surprise:

Ex: - Qui êtes-vous et que faites vous dans mon lit?

De ce genre de surprises, ô lecteur, tu peux être sûr de tirer bien plus qu'un nez qui fait pouet ou un serpentin qui brille dans le noir. A chacun, le moment venu, la terrible malédiction qu'une myriade d'aventuriers du quotidien subit sans réchigner: Puisses-tu vivre des moments passionants.