lundi 20 septembre 2010

Chroniques d'un septembre en décompte d'heures bleues

Joie: Instant d'incrédulité face à une conspiration positive de l'univers.

Ex: - Mais c'est du cookies&cream!

Aficionado impénitent

Il faut chérir ces instants, lecteur, car les conspirations sont souvent démasquées; les conserver, comme autant de perles extraterrestres, pour les savourer lorsque l'amer brouet de la grisaille devient trop fade et pourquoi pas?
Se faire trafiquant de ces quelques instants.

Carte de visite
: extension de son être, souvent professionnel, que l'on est fier de montrer. Rien ne t'empêche, ô lecteur, de t'affranchir de certaines normes et te permettre un peu de fantaisie:

Albert Ferte
Génie et esthète


ou encore:

Gustave Tucci
Amant émérite
volage agrégé


la réalité est bien souvent en-dessous de nos aspirations.

Convaincre
: Tenter de persuader un tiers mais le plus souvent, se rassurer sur la validité de ses propres idées, par l'entremise d'autres.

Toast
: 1. morceau de pain qui n'est rien sans sa garniture. Le saumon est conseillé.

2. Le fait de lever son verre en l'honneur de quelqu'un ou quelque chose. Un des meilleurs exemples fournis par l'histoire est sans doute le toast du jeudi sur les navires de l'armée britannique:

- Aux aimées et aux épouses...Puissent-elles ne jamais se rencontrer.

vendredi 17 septembre 2010

Chroniques d'un septembre qui commence à faisander‏

Galerie: Parfois chambre noire du talent et parfois triste asile d'oeuvres qu'aucun fard ne rajeunira. Ni aucune notice explicative.

Béatitude: Bonheur qui se partage entre une consonance suspectement religieuse et un abandon certain de l'esprit critique.
Le lecteur curieux se penchera sur la filiation entre béatitude et ce mot délicieux qui suggère les yeux vitreux et le filet de salive, qui n'est autre que béat.

jeudi 16 septembre 2010

Chroniques d'un septembre sur l'index‏

Bonheur: état transitoire qui ne dure jamais plus de quelques souffles. On ne l'obtient pas, malgré tout ce que l'on pense, après la souffrance et la douleur, pas plus qu'il est nôtre lorsque l'on a inhalé/ ingéré/ assimilé des substances qui font faire waou et contempler ses orteils d'un air béat.
En réalité, il nous tombe dessus de temps à autre, sans qu'aucune martingale nous permette de prévoir l'imminence de la manne. N'essaie pas de le construire, ami lecteur, car il est plus simple de faire du pogo stick en jouant le Grand Galop Chromatique de Lizt à l'harmonica, tout en essayant d'épiler un chat avec du scotch de carrossier que de construire le bonheur.
Il suffit d'attendre, même si parfois le temps peut sembler un peu long.

mercredi 15 septembre 2010

Chroniques d'un septembre qui en remet une couche‏

Gin: alcool utilisée comme solvant pour tapis et que l'on ne peut consommer sans être saisi d'incoercibles sanglots, à moins d'être:

1. Une vieille dame digne.
2. Britannique ( le patriotisme pousse bien souvent au mauvais goût.)
3. Un individu souffrant d'agueusie.

Le gin s'apparente à ces couples charmants lorsqu'ils sont ensemble, mais dont un des membres est un individu désagréable et sans conversation lorsqu'il est seul.
La femme de Monsieur Gin est Madame Tonic.

Chroniques d'un septembre à l'isobarycentre à bascule‏

bouée de sauvetage: un nombre incalculable de conventions graphiques définissent la bouée de sauvetage comme circulaire, insubmersible et le plus souvent rouge et blanche.
On ne saurait commettre, par influence du cliché, plus lourde méprise.
L'institut Melun II ( qui possède désormais ses locaux sur les bords charmants de la Pripet à proximité de Kopatchi) s'est livré à d'intéressantes recherches sur le sujet, au moyen d'un protocole précis incluant des mimes, un cargo japonais, l'océan pacifique, un requin blanc ( surnommé affectueusement cacahuète par l'équipe) quelques centaines de bovidés (437, pour être exact) ainsi qu'une bouée de sauvetage modèle standard.
Les conclusions de leur recherche ont été censurées dans quatorze pays et le professeur Darty, directeur de recherche, a été excommunié par l'église catholique romaine.
Toutefois, les audacieux résultats sont parvenus jusqu'à nous par l'entremise de feu Paul Melun, qui déguisé en nudiste scandinave, a réussi à percer la défiance, bien compréhensible, du hardi professeur.
Ainsi, sans plus attendre, voici, trépidant lecteur, certaines des conclusions de cette funeste recherche:

1. La bouée de sauvetage est quelqu'un ou vice-versa.
2. Les mimes sont submersibles.
3. La bouée de sauvetage est un Long Island Ice Tea. Auquel cas, malgré les apparences, elle est en plomb.
4. Les mimes nagent plus vite que les bos taurus, mais Cacahuète est plus attiré par les mimes. Ergo, les vaches ne sont pas des mimes.
5. Les bouées de sauvetage sont partout mais elles sont déguisées: en personnes, en livres, en foi, en sourires, en alcool (à l'exclusion du gin), en silences contenus. Même en mimes.

Vois ô lecteur! Que de sueur et de sang pour la science! Si les bouées sont déguisées, alors tout peut se révéler une bouée. Le seul moyen de le savoir?
Se jeter à l'eau.

mardi 14 septembre 2010

Chroniques d'un septembre qui a l'air d'attendre‏

Maquillage: peinture que l'on place sur le visage plutôt que sur un tableau. Ses deux fonctions sont paradoxales: soit le maquillage dissimule, soit il révèle. Utilisé par les clowns, les mimes et les femmes. ( et certains hommes, dans des circonstances vraiment particulières.)

Rythme: Pulsation que chacun ressent. Hélas, certains corps souffrent de système démocratique: un membre, un rythme. Ce syndrome dit du grand ballet d'Istanbul, a fait l'objet de la thèse soutenue par le juvénile Archibald Trotzdème, à l'université populaire de Virginia City en 1953. En voici un extrait des plus édifiants:

" Souffre du syndrome toute personne qui assiste impuissante à ses propres dehanchements incontrôlés sur un tempo de menuet, tandis que de ses chevilles osent un fox-trot, au détriment des poignets qui se plaisent plutôt à jouer des maracas de bossa-nova. D'autres pistes peuvent être explorées, comme l'immobilité, verre et yeux tout à la fois vides et juste un pied qui fait entendre sa voix..."

Et sa conclusion, si exaltante:

" Quoiqu'il arrive, je l'affirme devant vous, professeurs dévoyés et vous, jury impénitent, le rythme n'est qu'une mascarade. Il suffit de toujours suivre la cloche."


Lecteur, écoute l'homme aux mille pistes de danse, connu du Paradise Garage au Kitkatclub comme l'amiral, et fais de ton corps un despotisme éclairé.

lundi 13 septembre 2010

Chroniques d'un septembre au bouton d'envoi bien alerte‏


Grillade
: repas inventé en -790 000 av. J-C et que l'homme continue de pratiquer par nostalgie. La grillade comporte certaines constantes:

1. Celui ou ceux ( et rarement celles, ce qui est assez amusant tout de même) qui préparent le feu doivent copieusement insulter le charbon, le grill et éventuellement les gens qui ont amené les allume-feu en quantité insuffisante.
2. Il existe toujours un quidam qui observe et commente chaque étape du désastre, en se permettant des assertions douteuses et potentiellement suicidaires tels que:
moi je n'aurais pas fait comme ça et autres c'est un feu ça? Il a généralement une bière à la main et se prend pour le dernier coca du désert. Il faut l'ignorer, afin de garder une attitude cordiale, même si les phalanges en blanchissent sur les cervelas.
3. Il existe deux types de grillades: celle dont on est fier ( regarde chérie, j'ai rapporté un bison) et d'autres que l'on dissimule habilement sous le tas de viande. (merguez, cervelas bariolés demi-prix et autres moineaux)
4. La viande commencera à cuire vraiment quand il fera nuit noire.Toute lutte est inutile. La seule façon d'échapper à cette malédiction et de pouvoir voir ce que l'on mange ( le bison est souhaité) est de commencer le feu à l'aube.
5. Pour une raison qui reste mystérieuse, devant laquelle s'incline la logique ( jusqu'au lumbago) et les instituts Melun I et Melun II, (malgré des recherches répétées et des budgets incendiaires), chacun repartira avec plus de viande que celle qu'il a prise.

Le plus simple, ô lecteur prudent, pour ceux qui ont le bonheur d'avoir dépassé le chasseur-cueilleur qui sommeille en chacun de nous, est de manger une fondue, chez quelqu'un d'autre, si possible.
Les caquelons sont vraiment pénibles à nettoyer.