vendredi 23 juillet 2010

Chroniques d'un juillet d'anabases en fanfare et smokings blancs‏

Complexe: sentiment diffus et souvent péjoratif, sur lequel on colle une étiquette parce que sinon "On s'en sort pas", comme l'affirme le Professeur Dumoins dans son oeuvre magistrale: Je suis une otarie! Analyse de trente ans de discussions et sévices à l'asile de Baden-Baden,( éditions du Macramé cosmique, 1989, Trévans).

Il existe un nombre incalculable de complexes, tous relativement amusants. Le premier, la Ford T du complexe, est sans doute celui que le professeur Dumoins identifie sous le vocable complexe du liliputien sur échasses:

- Je suis vraiment la somme de toutes les imperfections humaines. Je suis laid, pénible, gros et trop maigre, beaucoup trop grand, ridiculement petit et d'une bêtise qui ferait passer un troupeau d'oies pour le prix Nobel d'astrophysique. Je n'ai rien oublié?

Oscar Toubon, Baden-Baden, in Judas n'était qu'un petit joueur, presses unniversitaires de Blois, Blois.

L'humanité se confronte souvent à ce complexe et chacun possède, au fond de lui, un douzième joueur de football qui ne rentrera jamais sur le terrain.
Le complexe qui fait bien souvent pendant à celui-là a été identifié sous le terme de Appuie sur le champignon, baby! Par l'équipe de l'éminent chercheur:

Ex: - Général! Les pingouins! Ils montent la colline! nous sommes encerclés! Faits comme des rats!
- Ne soyez pas vulgaire, Higgins. Passez-moi ma sabretache, ma pipe et mon Virgile, nous aurons bon marché de tous ces alcidés.
- mais...
- Je suis invulnérable et mon épée est celle de Mars en personne. Chargez!


Ce complexe produit parfois de l'excellent théâtre de rue, dont la réalité, hélas!Trois fois hélas! se charge toujours de tirer le rideau.

Certains complexes ne surgissent que dans certaines circonstances, telles que la phase lunaire, la présence d'une otarie ou même l'âge.
Il en est ainsi du complexe dit de l'adolescent attardé, mieux connu sous le terme poétique et un peu vague de complexe de Peter-Pan:

Ex: - Albert, il y aun vieux tout bizarre qui vient de rentrer...
- C'est monsieur Tschiw. Il a quatre-vingt cinq ans. Pourquoi?
- tu crois qui voudra me vendre son t-shirt des Take That?


D'aucuns lui préféreront sans doute un autre grand crû, identifié comme le complexe de l'infirmier, ou pour reprendre, une fois encore la taxinomie de l'excellent ( mais néanmoins décédé des suites d'une intoxication au chou blanc) Dumoins, Complexe de Saint Juan Grande Roman:

Ex: - Je vais vous sauver.
- Non, tout va bien, j'ai juste besoin de mes clés et elles sont dans mon sac...
- Laissez-moi les prendre.
- Non, je vous assure...
- Je vous aide.
- Oui c'est bien, je peux avoir mes clés maintenant?


Comme le disait Paul Melun l'immortel: on ne fait pas de cake sans raisins.
Les complexes sont ce savoureux côté de l'humanité, son décalage entre ce qu'il rêve ou cauchemarde d'être et ce qu'il est.

jeudi 22 juillet 2010

Chroniques d'un juillet de pixies marinés à la stout‏

Routine: euthanasie des rêves ou zen du pauvre, c'est selon.

Ex: C'est ennuyeux, cette routine.

Melun Bill, sur les ruines de la cité perdue d'Alcali.


Bref: qui ne s'embarrasse pas de fioritures et autres ornements.
Peut aussi servir à faire comprendre à ses interlocuteurs que l'on est bien conscient de s'être lancé dans une digression que l'on assume sans complexes:

Ex: -...Et si nous faisions fi de mon enfance malheureuse et de mon complexe d'Oedipe non résolu? Peu importe la raison, pourvu qu'on ait l'ivresse: mon collègue va maintenant passer dans les rangs. Bourses, avoirs, titres et colifichets. Vous pouvez garder la monnaie pour prendre le bus. Le sobriquet de mon camarade est Rizzie " Recrache les os!", ce qui suggère son goût délicat pour les articulations, surtout celles des membres inférieurs. Bref. Coopérer n'est pas une obligation. La liberté n'est-elle pas un droit inaliénable?

Bud "gentleman" Stud, Trente jours, trente banques, éditions Apprendre, Fort Sumner, 1981.


Conscience: Part de soi qui jette un oeil désaprobateur sur nos actions, nos pensées, nos sentiments. Il n'est pas de conscience sans regrets, ni de regrets sans remords. On peut décider sciement d'occire le grillon ( Paul Melun, une illumination au Super U, presses universitaires de Blois, 1978) mais à ce moment- là, on se retrouve avec une seconde conscience qui nous regarde en hochant doctement la tête d'un air désolé.
L'engrenage est presque infini. La principale caractéristique d'une conscience, c'est son exaspérante capacité à avoir raison, le plus souvent.
L'humanité prenant un plaisir malin à enfreindre les règles que le plus souvent elle a elle-même édictées, les consciences peuvent encore multiplier regards désaprobateurs, index dréssés et autres regards déçus jusqu'à la fin des temps.
La vie est une vallée de larmes.

mercredi 21 juillet 2010

Chroniques d'un juillet qui prend les rennes et l'élan‏

Sympathique: qui, dans certaines situations peut-être considéré comme un individu supportable et possédant souvent l'avantage d'un portemonnaie abondamment fourni par dame fortune.
Dans certains contextes, peut exprimer une certaine ironie, quant à des lieux ou des situations amusantes.

Ex: - C'est sympathique ici.

Jonathan Harker à quelques kilomètres de Bistriţa

Ombre:
certitude d'exister.

Compliment: titiller l'orgueil par l'éloquence afin de susciter l'intérêt.
Le vrai et le faux n'ont absolument rien en commun avec le fait de complimenter quelqu'un.
Le compliment est un art qui doit se pratiquer avec doigté et parcimonie:

Ex: - Tu es belle comme une table Ikea toute neuve.

Ensuite subsistent deux possibilités:

1. L'objet du compliment est moins lucide qu'imbu de lui-même, il réagit positivement au compliment. ( embrassades, promotions, café offert etc...)

2. La lucidité dépasse de loin l'égo.
A ce moment-là, il ne reste que deux façons de se tirer de ce mauvais pas:

a. La fuite.
b. La capitulation.

Il est intéressant de noter que l'insulte et le compliment ne sont rien d'autre que les deux facettes d'une même pièce et peuvent souvent être confondues.

mardi 20 juillet 2010

Chroniques d'un juillet en salade de laitue vireuse aux graines d'ololiquli‏

Promiscuité:proximité involontaire et souvent parfaitement détestable.

Ex: - Pourriez-vous retirer votre main de mon visage, s'il vous plaît?
- Et vous, votre coude de ma vessie?

Dialogues de Bus,cent poèmes du maintenant et une chanson moite, Gilles Raduz, éditions universitaires de Blois, 2010.


La promiscuité peut être envisagée de diverses façons. Si l'on fait grand cas de la promiscuité physique, nous avons tendance à ne pas remarquer une forme plus sournoise de cette affection qui n'est autre que la promiscuité mentale. Elle ne gêne pas ceux qui en souffrent, se fixant généralement dans un organe peu utilisé par le patient, à savoir le cerveau. La promiscuité mentale n'est pas le partage mais l'imposition, par négligence ou à dessein, d'idées étrangères à ceux qui n'ont plus de place pour réfléchir seuls.
Toi, lecteur qui me lis, n'oublie pas les règles d'hygiène élémentaires, saupoudrées de quelques grains de Noli me tangere, afin de te garder d'appendices visqueux, humides ou tumescents.


Mûr: lorsqu'il s'agit de fruits ou légumes, indique le temps de les manger. Lorsqu'il s'agit d'êtres humains, signifie soit une forme polie de suggérer une décrépitude physique et mentale prochaine et sans rémission, soit le fait que l'individu a commis suffisamment d'erreurs pour que celles-ci soient désormais classées sous le vocable expérience.

lundi 19 juillet 2010

Chroniques d'un juillet de tartares de léviathan‏

Mépris: Sentiment des plus détestables et des plus répandus dans le genre humain, le mépris conjugue la certitude trop souvent erronée d'une supériorité intellectuelle avec l'impression diffuse d'avoir pour interlocuteur un gibbon souffrant de retards en motricité.
Le mépris est mortel parfois à court terme:

Ex: - Vous voulez rire? Croyez-vous que ce sont vos muscles qui m'impressionnent? Vous restez un misérable paltoquet.

Oscar de la Gavière, derniers mots.

Parfois à long terme, pour cause d'amertume aigüe et de carence en enthousiasme, ce qui est une bien triste façon de mourir.

vendredi 16 juillet 2010

Chroniques d'un juillet de rôtis de sirènes‏

Hobby: mot barbare et vieillot désignant une occupation que l'on fait par ennui où par plaisir. S'applique généralement au macramé et d'autres formes d'artisanat, abandonnées depuis longtemps car obsolètes. Le hobby peut parfois prendre la forme de collections, ce qui est passablement ennuyeux, voire légèrement inquiétant.

Ex: - Il me faut la dernière plaque de beurre de Michael Jackson.

Auguste Moindre, collectionneur de produits laitiers de stars.


Le hobby permet de tuer le temps, qui sans cela s'en irait gaiement vers d'autres aventures. Il s'apparente à une petite passion, ce qui est un triste oxymore.
Ami lecteur, n'aie pas de hobbys. Soit dévoré de passion, que cela empiète sur ta vie, te fasse perdre et sommeil et appétit, même s'il s'agit de timbres nippons où d'inquiétantes poupées de porcelaine.
Oui, préfère le brut, l'amer, le sucré ou l'acide à l'insipide, une fois encore et évite toutefois de te consacrer à l'accordéon.
Parce qu'il faut mesure garder, tout de même.

jeudi 15 juillet 2010

Chroniques d'un juillet de phénix et glaçons

Déception: fille ô combien! légitime de Lucidité et Temps. L'impression qui s'apparente, comme l'énonce si clairement Paul Melun dans ses inoubliables illuminations au Super U: "Cette détestable saveur du coca sans bulles oublié sur une table au soleil".
La déception menace chaque être humain à chaque revers du destin. Il s'agit de ce sentiment souvent diffus mais néanmoins persistant d'avoir ouvert un paquet cadeau pour découvrir une boîte vide, ou pire encore, remplie de tire-bouchons promotionnels en forme de canard.
La déception est parfois aussi la certitude, sans aucune preuve, hormis une profonde conviction, d'avoir été victime d'une injustice:

Ex: - Nous n'avons pas gagné à la loterie. Encore.
- Oh.


Le célèbre courant de philosophie connu sous le nom des joyeux lurons de Eyja- og Miklaholtshreppur affirme que la déception est le seul moyen d'atteindre la félicité.
Il est certain qu'il est difficile d'éviter cette impression d'avoir été floué par la réalité, mais l'attendre à chaque coin de rue est se condamner à un horizon empli d'ustensiles inutiles, d'individus qui ne sont que la somme de leurs défauts et de paysages composés d'aires d'autoroute et d'entrepôts vides.
Pour supporter un monde pareil, il faut posséder une force de caractère tellement grande que de loin elle s'apparente à de la bêtise pure.
Et qui sait? Parfois on a besoin de tire-bouchons, qu'ils soient, ou non, en forme de canard.

Terne:qui ne peut en aucun cas briller. Il peut s'agir d'habits, ce qui est triste ou de gens, ce qui est regrettable, car si l'on peut changer d'habits, voire les laver, le fait d 'être terne, pour un individu, se résoud bien souvent par l'ostracisme.
Le professeur Manivelle, de l''institut de recherche Paul Melun, à Bumplitz,pensait avoir inventé un protocole qui permettait de déternir les gens. Ses essais menés avec divers groupes témoins, composés respectivement d'huissiers, de comptables et de gardiens de musées, n'a hélas pas donné de résultats probants. Nous nous étendrons pas sur les méthodes employées, car l'espionnage industriel fait rage, mais il est toutefois permis de savoir que lesdites méthodes incluyaient: des choux de Bruxelles, des disques de Claude François, un synthétiseur, trente kilomètres de serpentins, trois tonnes de confettis ( qui coûtèrent la vie à l'honorable secretaire de direction Gil Grabenwitz) ainsi qu'un oeuf dur.
On peut naître terne, comme on peut naître roux, ce qui est triste, mais hélas! Le fait de se ternir est transmissible. Les essais menés par le Professeur Manivelle, à l'aide de Carlous Dos Santos, ressortissant brésillien et danseur de Samba de son état, qui s'immergea tragiquement au service de comptabilité de la Caisse de Pension des Confecteurs de Boutons et Autres Professions Affiliées ( CPCBAP) pendant l'intégralité du mois de novembre, ainsi que son auto- défénestration spectaculaire depuis les toilettes des Dames du second, démontrèrernt qu'il ne suffit pas de ne pas être terne, il faut également redoubler de vigilance et éviter la ternitude sous toutes ses formes.
Alors, lecteur, toi qui me lis et a charge d'âmes, sois détestable, ou prétentieux, même accordéonniste s'il le faut, mais terne jamais, en mémoire d'un sambiste sacrifié sur l'autel de la science.